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L’Afrique donne de mauvais exemples, aussi bien que de bons exemples. A nous de bien choisir

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Image: http://cemcis.org

Le mois dernier une conférence internationale a réuni au Maroc des pays africains et amis sous le thème : « L’Afrique réinvente son économie». Une réunion constituant une opportunité pour aborder aujourd’hui la réalité de ce continent.

L’Afrique est assurément le continent des paradoxes ! Certainement le mieux doté en ressources naturelles de la planète, le continent abrite les populations les pauvres du monde. Les statistiques établissent qu’en l’espace de 25 ans, la pauvreté a connu un net recul dans le monde sauf en Afrique subsaharienne où le nombre de pauvres continue d’augmenter. Aujourd’hui, 562 millions d’africains au sud du Sahara vivent avec moins de 2 dollars par jours.

Depuis les années 60 l’Afrique n’a cessé d’accumuler les contre-performances en matière de développement. Le bilan économique et social du premier cinquantenaire des indépendances est globalement désastreux pour la plupart des États africains. Depuis 2000 cependant, le continent africain connaît une croissance relativement forte mais qui cachent des réalités sociales atroces, des fragilités fondamentales ainsi que des vulnérabilités infrastructurelles et énergétiques. Comme le souligne la Commission Economique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) dans son rapport 2013, cette croissance ne s’est traduite ni par la diversification économique, ni par la création d’emplois en nombre conséquent, encore moins par un développement social important.

Sur le plan économique, les taux d’investissement sont depuis toujours inférieurs à la moyenne mondiale. Parallèlement, la courbe de la croissance a suivi les niveaux d’investissement, et s’est littéralement affaissée dans les années 80 et 90. Cependant, si les années 2000 marquent une reprise économique, il faut non seulement noter le retard du continent par rapport aux régions d’Asie, mais surtout, il faut déplorer la stagnation/ ou régression des indicateurs économiques de base. Aujourd’hui, avec la deuxième plus forte moyenne de croissance, l’Afrique enregistre malgré tout un revenu par tête d’habitant six fois inférieur au reste du monde. Les ressources naturelles sont l’objet de mauvaise gouvernance, d’une pression interne et d’une concurrence exacerbée entre acteurs non africains alors que les ressources démographiques, particulièrement les jeunes, sont les premières couches touchées par les vagues d’émigration.

Sur le plan social, les effets des politiques publiques africaines sur le bien être des africains sont simplement mitigés. L’espérance de vie est passée d’une moyenne de 45 à 54 ans entre 1965 et 2010 en Afrique subsaharienne. Quant aux taux de scolarisation au niveau secondaire, ils ont été quadruplés en 50 ans sur le continent, pour n’atteindre cependant que 40 % en 2011 contre 70 % au niveau mondial.

En somme, le bilan économique et social du demi-siècle est globalement en deçà des potentialités du continent.

Alors, l’Afrique est-elle condamnée au sous-développement ? Est-elle vouée à être un simple réservoir de ressources naturelles dont les puissances se disputent le contrôle?

Bref, malgré tout, des expériences de réussite africaine existent, et peuvent être investies comme points d’appui pour le renouveau et la relance du développement africain. Citons: La puissance économique de l’Afrique du Sud, le modèle démocratique et économique exemplaire du Botswana notamment avec des ressources et rentes minières au service du progrès social, la refondation économique et sociale spectaculaire du Rwanda un laps de temps très court après le génocide, l’intelligence stratégique et les progrès fulgurants du Maroc qui positionnent aujourd’hui le Royaume comme un centre d’excellence et un pivot du développement de l’Europe et de l’Afrique.

Pour réinventer l’économie haïtienne, il faut choisir de bons modèles, car l’Afrique offre quand même de bons exemples à suivre. Il faut rejeter les mauvaises pratiques de gouvernance africaine, et s’approprier de stratégies gagnantes des pays comme le Botswana ou le Rwanda qui ont déjà lancé la refondation de leur économie et envoient des signaux de démocratie, de modernité et de développement économique. Ces dernières 17 années, le Rwanda a réussi à redresser son économie de ses ruines pour en faire l’une des plus dynamiques et florissantes d’Afrique, enregistrant au moins 8% de croissance de son PIB depuis ces cinq dernières années. Au moins un million de Rwandais sont sortis de la pauvreté en tout en cinq ans, selon une enquête, réalisée sur les conditions de vie des ménages dans le pays, publiée par le gouvernement plus tôt cette année.

L’accès à l’éducation s’est nettement amélioré. 79% des garçons et 82% des filles sont scolarisés dans le primaire. L’accès au secondaire a également doublé entre 2006 et 2011. Le Rwanda pourrait bientôt rejoindre des ‘tigres’ asiatiques telles que le Vietnam et la Thaïlande selon les prévisions de l’expert en développement international, Paul Collier.

Quels sont les secrets de la réussite du Rwanda ?

Le miracle rwandais s’explique en grande partie par un boom des services, la faible corruption et la bonne gouvernance. Selon la Banque mondiale, le Rwanda offre après l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice le climat le plus favorable du continent aux investisseurs étrangers.

Voila un exemple qu’il faut suivre Si on veut bien planifier notre avenir, et faire les meilleurs choix, et non vivre constamment dans l’improvisation et l’attente de l’assistance des bailleurs. Nous devons prendre notre destin en main pour aller dans le sens de la bonne gouvernance, de l’investissement productif et de la croissance durable.

CHIFFRE DU JOUR : 200 milliards

Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique sont passés de 10 milliards de dollars en 2000 à près de 200 milliards en 2012. Un chiffre multiplié par 20 ans donc en 12 ans. Ce qui fait de la Chine, le premier partenaire commercial de l’Afrique et son principal bailleur de fonds.

Etzer Emile, Radio Vision 2000

Etzer S. Emile, MBA
- Directeur-Adjoint à l’Assistance Technique
   Centre d’Entrepreneuriat et d’Innovation (CEI)
- Professeur à la Faculté des Sciences Economiques et Administratives
   Université Quisqueya et à IHECE
Cellulaire: (509) 34 02 00 03  /  37 81 85 30

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