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Haïti/Culture: Semaine du Carnaval des Fleurs

Carnival des fleurs en Haïti

Le carnaval, fête religieuse païenne née en Europe, ouvre la voie, pendant la période du 6 janvier jusqu’au jour de Mardi Gras, à des réjouissances populaires toutes tendances sociales confondues.

La première théorie sur l’origine du carnaval fait allusion au  « carrus navalis » chariot naval qui participait à la fête romaine d’Isis, déesse du mariage et de la famille.

L’autre théorie voit différemment cette fête licencieuse. Il s’agissait plutôt de la célébration à Rome des « Lupercales » en l’honneur de Lupercus, protecteur des champs et des troupeaux. C’était la grande fête populaire qui rassemblait tout le peuple et les Rois Princes et Convives autour de somptueuses tables ou l’abondance était la règle.

Cependant une autre approche historique fait allusion en l’an 9 après Jésus-Christ au mot latin (la langue des Romains) carnelevare qui signifie  » sans viande  » et il rappelle qu’à la fin du carnaval, commençait une période (le carême) pendant laquelle on ne mangeait ni viande, ni graisse, ni œuf.

Cela explique pourquoi le jour du Mardi Gras, chacun utilisait ce qui lui restait de graisse et d’œufs, et qu’aujourd’hui encore on s’en serve pour faire des crêpes, des beignets et se régaler!

Il fut introduit en Amérique avec l’arrivée des Espagnols et des Français au XVIe siècle. Plus tard la présence forcée des esclaves africains venus avec leurs coutumes, apportera des transformations à cette fête annuelle.

Le carnaval était l’occasion pour chacun de se déguiser, de porter des masques, de danser et de chanter, bref de changer de personnage pour quelques heures ou quelques jours … et aussi de faire des choses qui sont interdites d’habitude ! C’était en quelque sorte le monde à l’envers !

Ainsi pendant la période romaine, les maîtres se changeaient en esclaves ; au Moyen-âge on dansait dans l’église, les riches se transformaient en pauvres, les enfants en adultes, et garçons et filles intervertissaient leur rôle … Certains garçons se noircissaient même le visage avec de la suie ou bien le cachaient sous un morceau de tissu et arpentaient les villages des alentours toute la nuit !

Pendant longtemps et encore parfois aujourd’hui on a célébré la fin du Carnaval en brûlant un mannequin qui représentait symboliquement Sa Majesté Carnaval. Au Moyen-âge, tout le village se rassemblait autour du feu et chantait la chanson suivante : « Adieu pauvre Carnaval, tu t’en vas, moi je reste pour manger la soupe à l’ail ! »

Les cours royales organisaient également de belles fêtes de Carnaval : à la Cour de Versailles peintres et architectes étaient invités pour réaliser les décorations, musiciens et poètes inventaient des fables qui étaient chantées dans les rues puis au théâtre.

Petit à petit, ces cérémonies organisées dans les rues et à la Cour donnèrent lieu à des représentations théâtrales. Aujourd’hui, le carnaval est célébré un peu partout dans le monde, on se déguise toujours, bien sûr, et on porte des masques. Très souvent, des défilés et des bals sont organisés.

Quelques carnavals sont très célèbres : le Carnaval Nice et de Dunkerque en France, celui de Venise en Italie ou encore celui de Rio au Brésil, le Carnaval en Guadeloupe, le carnaval de Belgique (Binche, Eupen, Stavelot) .

QU’EST-CE QUE LE CARNAVAL ?

Il y a cent ans, le carnaval était une fête profane qui se situe avant la période de privation nommée : «Carême pascal  » chez les Chrétiens.

D’OU VIENT LE MOT  » CARNAVAL  » ?

Ce mot  » carnaval  » est apparu chez nous par l’Italie, car au XVIème siècle, des écrivains admiraient la culture et l’art italiens. Ils ont amené ce mot en France d’abord pour conquérir l’Europe par après.

 

Quid du Carnaval Haïtien ?

 

En Haïti, le carnaval a ses racines aux temps coloniaux, c’était un moment de répit où les grands planteurs et les colons appréciaient la dramaturge locale de leurs esclaves de talent. Ces festivités se prolongeaient pendant des jours dans de grandes convivialités ou le bétail et la moisson ornaient les tables.

Cette fête est rentrée comme par enchantement dans les festivités nationales et le peuple s’égayait dans la débauche populaire d’abord après la soupe traditionnelle du 1er janvier, ensuite après la fête des « Rois » populairement appelée à l’opposé de la Noël surnommée « Fèt Granmoun ». Ainsi depuis maintenant deux mille ans, on commémore le carnaval en Haïti comme une fête de grandes réjouissances à travers les rues de Port au Prince, des banlieux et de la province.

Le carnaval Haïtien est divisé en deux parties :

La première dénommée « exercices » est considérée comme une sorte de préparatifs au cours desquels les dimanches précédant les jours gras sont animés depuis le matin après les offices religieux avec les (Lamayòt, Machan fèy, Chaloska, Jambe 2 bwa, etc) au côté des bandes à pied qui évoluaient soit le matin ou l’après midi, selon les motivations. .

La deuxième partie , le carnaval proprement dit s’identifie aux trois jours gras. C’est le temps de la réjouissance suprême et des grands déguisements. En effet, les dimanche, lundi et mardi gras donnaient lieu à un défilé ponctué de méringues, de danses et de chants de toutes sortes où se défoulaient, Indiens, Hindous, Arabes du désert, Bœufs, Cyclistes, motocyclistes, jambes de bois, ti piké, Choucoune, Grosses têtes et autres masques.

En l’année 1927, Haïti a eu son premier carnaval organisé avec pour Reine Mlle Duplessis devenue plus tard, Mme Gontran Rouzier, à cette époque le Roi était un mannequin qui était promené durant les trois (3) jours puis brûlé devant la tribune officielle. Le cortège s’ébranlait à 3h. pm. et prenait fin à 6h.pm dans le but de permettre aux participants et spectateurs de rentrer chez eux et se préparer pour le bal travesti.

En l’année 1938 le Roi mannequin fut remplacé par un Roi humain paré de très beaux habits et le char était pourvu d’une table richement garni de mets excellents et de boisson.

Haïti a inauguré le Carnaval de nuit qui prenait fin à 8 heures du soir en l’année 1948 sous le Gouvernement de Dumarsais Estimé.

La première bande carnavalesque a émergé du Bel air et s’appelait  » Soleil Brillant  » elle a été suivie l’année d’après par  » Foudre du Ciel  » issue du Morne à Tuff. Ces bandes étaient financièrement supportées par les Notables de leurs régions respectives.

Du 16ème au 21ème siècle, le carnaval Haïtien a subi de profondes transformations tant au niveau des groupes traditionnels que pour les formations musicales. dans les années 50, une certaine rivalité existait entre les groupes Titato du Bel-Air, Dragon du quartier de Poste-Marchand, et Nirvana du Portail de Léogâne. Les années 60 auront vu l’émergence des groupes Compas Direct dirigé par Nemours Jean-Baptiste et Cadence Rampa de Webert Sicot. Les Groupes Gypsies et Difficiles tous deux de Pétion-Ville furent les concurrents des années 70. Aujourd’hui, Carimi, Kreyòl La, Djakout-mizik, T-Vice et tant d’autres représentent le rythme compas, les groupes à tendance rap Baricad Crew, Rockfam, et ceux de rythme racine, Boukman Eksperians, Brothers Posse, Racine Mapou de Azor et Ram dominent le pavé durant le défilé carnavalesque.

Jusqu’à tout récemment, le carnaval à Port-au-Prince était le de facto « carnaval national ». Haïtiens et touristes étrangers venaient d’un peu partout pour y assister ou y participer. Ces dernières années, le carnaval à Jacmel se fait une certaine renommée à cause de sa créativité. Des milliers de visiteurs se déferlent sur la métropole du Sud-Est pendant ces festivités qui ont lieu généralement une semaine avant celles de Port-au-Prince. Maintenant c’est plutôt l’ère des décibels qui envahissent le parcours, font trembler les stands et endommagent le système auditif de certains participants.  Le carnaval a perdu beaucoup de ses aspects traditionnels et est devenu un moment où les entreprises font beaucoup de publicité, le parrainage ou les stands flotteurs. Boissons, décors et costumes sont tous les gros vendeurs. Les bandes sont extravagants, honoraires versés par la municipalité ou le commanditaire. En 2012, bénéficiant des largesses du gouvernement Martelly-Conille, Les Cayes furent choisies pour organiser le carnaval national, une action ouvertement critiqués par les Jacméliens. Par ailleurs, il faut remarquer, l’organisation d’un carnaval des fleurs en Haïti remonte à 1973.

 

Recherches: Nadeige Cajuste / Daniel Daréus.

 

Image: http://hpnhaiti.com

 

Sources :

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  • Haiti : le carnaval sanglant
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  • Averill, Gage . « Anraje to Angaje: Carnival Politics and Music in Haiti. » Ethnomusicology Vol. 38, No. 2, Music and Politics (Spring, 1994), pp. 217-247
  • Cosentino, Donald
    « My heart don’t stop » : Haiti, the Carnival state » in: Carnaval!Seattle : University of Washington Press, 2004.
  • Danticat, Edwidge
    Après la danse : au coeur du carnaval de Jacmel, Haïti. Paris : Editions Grasset & Fasquelle, 2004.
  • Danticat, Edwidge
    After the dance : a walk through Carnival in Jacmel, Haiti.
     New York : Crown Journeys, 2002.
  • Dessureault, Guy.; Pierre, Chevelin Djasmy,; Satyre, Joubert,
    Marie-Merci au défilé du carnaval. Saint-Damien-de-Brandon, Québec : Éditions du Soleil de minuit, 2006
  • Divers, Michelet
    Le carnaval jacmélien
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  • Fouchard, Jean
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  • Hibbert, Fernand
    Masques et visages. Port-au-Prince : Editions H. Deschamps, 1988.
  • Jadotte, Hérard
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  • Juste-Constant, Voegeli
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  • Largey, Michael
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  • Papillon, Margaret
    Sortilèges au carnaval de Jacmel :roman. Haïti : [s.n.], 2002.
  • Simpson, George Eaton
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    The Journal of Negro History Vol. 25, No. 2 (Apr., 1940), pp. 203-215.

http://www.haiti-reference.com

http://www.espacemwen.com

http://www.pyepimanla.com

call.unblog.fr/2007/02/08/lhistoire-du-carnaval

 

 

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